Florian P. 5 minute(s) de lecture

Il y a encore peu, personne ne savait que je prĂ©parais un marathon, pas mĂȘme moi.

Tout a commencĂ© avec la prĂ©pa marathon de Marion. En fait, ça a mĂȘme commencĂ© avant, avec mon Ă©chec sur le 10K de Bettant le 5 avril. Je me suis alors fixĂ© un nouvel objectif avec la Bressol’Line le 28 juin, le temps de refaire un peu de volume, puis un peu de spĂ©cifique. J’ai d’abord remis du volume tranquille, avec une sortie longue 28K prĂ©pa marathon de Marion, avec Marilys, Anne et David le 19 avril. Entre-temps, quelqu’un a mentionnĂ© des courses nature Ă  Blyes — un 10K et un 20K. Ça avait l’air sympa et pas trop compĂ©titif ; je me dis que ça pourrait ĂȘtre bien de courir pour une place plutĂŽt qu’un chrono, pour changer. Je fais une belle deuxiĂšme place sur le 20K, et ça me remotive. Je me dis que je peux viser un top 8 Ă  la Bressol’Line avec une bonne prĂ©pa — c’est reparti pour du volume.

Avec tous les jours fĂ©riĂ©s en mai, le temps pour courir ne manque pas. Je me retrouve le week-end du 8 mai chez mes parents prĂšs de Troyes. On fĂȘte l’anniversaire de mon pĂšre, qui Ă©tait censĂ© courir le championnat de France du 10K le dimanche Ă  Troyes, mais il s’est blessĂ© entre-temps, l’andouille
 Y’aura encore le semi l’annĂ©e prochaine. Bref, j’ai pas mal de temps alors je pars faire une sortie longue de 28K le long d’une vĂ©lo-voie pratiquement infinie. De retour dans l’Ain le 15 mai, encore un week-end prolongĂ© : c’était soit repartir courir, soit geeker tout l’aprĂšs-midi. Je fais 32K en mode tranquille, et ça passe nickel.

Et lĂ  je me dis que comme je fais pas mal de volume, je ne suis plus trĂšs loin d’une vraie prĂ©pa marathon. En plus, avec la formation entraĂźneur FFA en cours, je me dis que ça serait bien d’avoir de l’expĂ©rience sur la distance avant de la transmettre. J’ai Ă©galement dĂ©jĂ  pris l’habitude de bien me ravitailler sur les sorties longues ; le “gut training” est dĂ©jĂ  plus ou moins acquis. Je me fixe une sortie longue de 35K dix jours plus tard : si ça passe, je me lance sur marathon. Cette sĂ©ance n’aura pas lieu telle que prĂ©vue — on est le 25 mai, je rentre de la sortie club oĂč j’ai pas mal picolĂ©, et il fait trop chaud. Je reporte au lendemain matin, je coupe en deux fois 19K avec une pause fraĂźcheur de 15 min au milieu (sans les pubs 😄). Ça passe encore bien malgrĂ© la chaleur. C’est dĂ©cidĂ©.

Je regarde les marathons Ă  venir et je tombe sur le Marathon du Vercors : 550m de D+ Ă  1000m d’altitude, pas vraiment propice Ă  un chrono, mais ça reste de la route. Et j’aime bien le Vercors, je connais le coin, et je me dis mĂȘme que ça m’arrange qu’il soit difficile — sinon je me serais mis la pression pour passer sous les 3h dĂšs le premier essai (c’est normalement ce que je suis censĂ© pouvoir faire avec un 1h24 au semi).

AprĂšs quelques jours pour rĂ©cupĂ©rer du 38K, j’enchaĂźne avec la prĂ©pa spĂ©cifique : beaucoup d’allure marathon, en montant puis redescendant progressivement — 12K, 16K, 18K (au lieu de 20K), 24K, 18K de spĂ©cifique, puis affĂ»tage. J’enchaĂźne aussi pas mal de fois la montĂ©e entre la mairie et l’église de BĂ©ligneux pour me prĂ©parer un peu au dĂ©nivelĂ©. Ça se passe plutĂŽt bien, Ă  part la toute fin oĂč il fait vraiment trop chaud ; mais en pĂ©riode d’affĂ»tage, rĂ©duire le volume n’est pas un problĂšme.

Je me rends Ă  Villard-de-Lans le vendredi aprĂšs-midi, dĂ©part prĂ©vu le samedi Ă  8h. À 16h, il fait chaud, mais bien plus supportable qu’en plaine — merci l’altitude. MĂȘme si on annonce la journĂ©e la plus chaude le samedi, je me dis que c’est tolĂ©rable en montagne et que je suis bien habituĂ©. À 19h, mail de l’organisation : le dĂ©part est avancĂ© Ă  7h compte tenu de la chaleur. Je me lĂšve sans problĂšme, sensations correctes. 7h05, c’est parti.

Ma stratĂ©gie Ă©tait claire : gĂ©rer ma frĂ©quence cardique et dĂ©couper le parcours en Ă©tapes — MĂ©audre au km 10, Autrans au km 18, dĂ©but de la montĂ©e du col au km 26 avec 3,5K de grimpĂ©e, puis la descente sur Lans, et les 9 derniers kilomĂštres. DĂ©couper est une stratĂ©gie trĂšs rĂ©pandue qui permet de ne jamais avoir l’impression de regarder l’arrivĂ©e depuis trop loin.

Jusqu’au km 30, tout va bien. Le cardio tourne 2 bpm au-dessus de la cible — probablement l’altitude — mais les jambes et le souffle rĂ©pondent, je me ravitaille bien et rĂ©guliĂšrement, et je monte le col sans marcher, mais en aisance sans forcer. Toute la montĂ©e se passe Ă  l’ombre. Je suis confiant ; je sais que la descente devrait bien se passer et que ça a mĂȘme souvent tendance Ă  me rebooster (sur route hein, pas les trucs techniques de trail Ă  la con 😄).

Puis la descente arrive, et avec elle le plein soleil. Et lĂ , quelque chose se grippe. Je tourne Ă  4:15/km puis 4:25 lĂ  oĂč j’aurais dĂ» ĂȘtre Ă  3:55 ou mieux sur une telle descente. ArrivĂ© sur le plat Ă  Lans, je me sens de moins en moins performant, et ça sera de pire en pire jusqu’à l’arrivĂ©e, oĂč je me retrouve Ă  marcher la plupart du temps.

J’ai toujours du mal Ă  m’expliquer comment mes sensations ont pu basculer aussi vite. J’étais vraiment bien. La chaleur, probablement. Ou les 2 bpm de trop accumulĂ©s depuis le dĂ©part. Probablement les deux. Je finis en 3h25’30’’ pour un objectif de 3h05’–3h20’’ — la dĂ©ception est un peu lĂ . HonnĂȘtement, je m’attendais Ă  pire vu combien j’ai marchĂ© sur la fin.

A l’arrivĂ©e, j’ai bu beaucoup d’eau, puis je suis parti m’allonger 20 min Ă  l’ombre dans l’herbe. En me relevant, je me suis pris une mĂ©ga crampe au mollet đŸ€­ qui me fait encore un peu mal aujourd’hui. Sinon dans l’ensemble ça va bien. Je serai de retour Ă  l’entraĂźnement jeudi prochain.

Ce premier marathon laisse un goĂ»t mitigĂ© mais pas amer. Le Vercors n’était pas le terrain idĂ©al pour dĂ©marrer sur marathon, mais ce n’était pas plus mal. Prochain objectif : le marathon relais de Saint-Vulbas mi-octobre — un Gsheet de constitution d’équipes est bientĂŽt en route, on essaie d’y aller en force.

Alors, qui avait devinĂ© quel marathon c’était ?

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