Marathon du Vercors — mon premier, et pas le plus simple

Il y a encore peu, personne ne savait que je préparais un marathon, pas même moi.
Tout a commencé avec la prépa marathon de Marion. En fait, ça a même commencé avant, avec mon échec sur le 10K de Bettant le 5 avril. Je me suis alors fixé un nouvel objectif avec la Bressol’Line le 28 juin, le temps de refaire un peu de volume, puis un peu de spécifique. J’ai d’abord remis du volume tranquille, avec une sortie longue 28K prépa marathon de Marion, avec Marilys, Anne et David le 19 avril. Entre-temps, quelqu’un a mentionné des courses nature à Blyes — un 10K et un 20K. Ça avait l’air sympa et pas trop compétitif ; je me dis que ça pourrait être bien de courir pour une place plutôt qu’un chrono, pour changer. Je fais une belle deuxième place sur le 20K, et ça me remotive. Je me dis que je peux viser un top 8 à la Bressol’Line avec une bonne prépa — c’est reparti pour du volume.
Avec tous les jours fériés en mai, le temps pour courir ne manque pas. Je me retrouve le week-end du 8 mai chez mes parents près de Troyes. On fête l’anniversaire de mon père, qui était censé courir le championnat de France du 10K le dimanche à Troyes, mais il s’est blessé entre-temps, l’andouille… Y’aura encore le semi l’année prochaine. Bref, j’ai pas mal de temps alors je pars faire une sortie longue de 28K le long d’une vélo-voie pratiquement infinie. De retour dans l’Ain le 15 mai, encore un week-end prolongé : c’était soit repartir courir, soit geeker tout l’après-midi. Je fais 32K en mode tranquille, et ça passe nickel.
Et là je me dis que comme je fais pas mal de volume, je ne suis plus très loin d’une vraie prépa marathon. En plus, avec la formation entraîneur FFA en cours, je me dis que ça serait bien d’avoir de l’expérience sur la distance avant de la transmettre. J’ai également déjà pris l’habitude de bien me ravitailler sur les sorties longues ; le “gut training” est déjà plus ou moins acquis. Je me fixe une sortie longue de 35K dix jours plus tard : si ça passe, je me lance sur marathon. Cette séance n’aura pas lieu telle que prévue — on est le 25 mai, je rentre de la sortie club où j’ai pas mal picolé, et il fait trop chaud. Je reporte au lendemain matin, je coupe en deux fois 19K avec une pause fraîcheur de 15 min au milieu (sans les pubs 😄). Ça passe encore bien malgré la chaleur. C’est décidé.
Je regarde les marathons à venir et je tombe sur le Marathon du Vercors : 550m de D+ à 1000m d’altitude, pas vraiment propice à un chrono, mais ça reste de la route. Et j’aime bien le Vercors, je connais le coin, et je me dis même que ça m’arrange qu’il soit difficile — sinon je me serais mis la pression pour passer sous les 3h dès le premier essai (c’est normalement ce que je suis censé pouvoir faire avec un 1h24 au semi).
Après quelques jours pour récupérer du 38K, j’enchaîne avec la prépa spécifique : beaucoup d’allure marathon, en montant puis redescendant progressivement — 12K, 16K, 18K (au lieu de 20K), 24K, 18K de spécifique, puis affûtage. J’enchaîne aussi pas mal de fois la montée entre la mairie et l’église de Béligneux pour me préparer un peu au dénivelé. Ça se passe plutôt bien, à part la toute fin où il fait vraiment trop chaud ; mais en période d’affûtage, réduire le volume n’est pas un problème.
Je me rends à Villard-de-Lans le vendredi après-midi, départ prévu le samedi à 8h. À 16h, il fait chaud, mais bien plus supportable qu’en plaine — merci l’altitude. Même si on annonce la journée la plus chaude le samedi, je me dis que c’est tolérable en montagne et que je suis bien habitué. À 19h, mail de l’organisation : le départ est avancé à 7h compte tenu de la chaleur. Je me lève sans problème, sensations correctes. 7h05, c’est parti.
Ma stratégie était claire : gérer ma fréquence cardique et découper le parcours en étapes — Méaudre au km 10, Autrans au km 18, début de la montée du col au km 26 avec 3,5K de grimpée, puis la descente sur Lans, et les 9 derniers kilomètres. Découper est une stratégie très répandue qui permet de ne jamais avoir l’impression de regarder l’arrivée depuis trop loin.
Jusqu’au km 30, tout va bien. Le cardio tourne 2 bpm au-dessus de la cible — probablement l’altitude — mais les jambes et le souffle répondent, je me ravitaille bien et régulièrement, et je monte le col sans marcher, mais en aisance sans forcer. Toute la montée se passe à l’ombre. Je suis confiant ; je sais que la descente devrait bien se passer et que ça a même souvent tendance à me rebooster (sur route hein, pas les trucs techniques de trail à la con 😄).
Puis la descente arrive, et avec elle le plein soleil. Et là, quelque chose se grippe. Je tourne à 4:15/km puis 4:25 là où j’aurais dû être à 3:55 ou mieux sur une telle descente. Arrivé sur le plat à Lans, je me sens de moins en moins performant, et ça sera de pire en pire jusqu’à l’arrivée, où je me retrouve à marcher la plupart du temps.
J’ai toujours du mal à m’expliquer comment mes sensations ont pu basculer aussi vite. J’étais vraiment bien. La chaleur, probablement. Ou les 2 bpm de trop accumulés depuis le départ. Probablement les deux. Je finis en 3h25’30’’ pour un objectif de 3h05’–3h20’’ — la déception est un peu là. Honnêtement, je m’attendais à pire vu combien j’ai marché sur la fin.
A l’arrivée, j’ai bu beaucoup d’eau, puis je suis parti m’allonger 20 min à l’ombre dans l’herbe. En me relevant, je me suis pris une méga crampe au mollet 🤭 qui me fait encore un peu mal aujourd’hui. Sinon dans l’ensemble ça va bien. Je serai de retour à l’entraînement jeudi prochain.
Ce premier marathon laisse un goût mitigé mais pas amer. Le Vercors n’était pas le terrain idéal pour démarrer sur marathon, mais ce n’était pas plus mal. Prochain objectif : le marathon relais de Saint-Vulbas mi-octobre — un Gsheet de constitution d’équipes est bientôt en route, on essaie d’y aller en force.
Alors, qui avait deviné quel marathon c’était ?