Samuel V. 12 minute(s) de lecture

Comme d’habitude, la participation aĢ€ une course est pour moi d’abord une découverte d’un nouveau lieu voire d’une nouvelle région…

Comme d’habitude, je ne regarde pas le profil et le parcours de la course sur laquelle je me suis engagé car c’est d’abord un week-end treĢ€s convivial entre copains…

Comme d’habitude, je ne suis pas vraiment assidu dans la préparation d’un trail… je fais des sorties opportunes de vélo, un maximum de ski (de tous les skis pourvu que cela glisse!), un peu de gym (mot utilisé par les plus de 40 ans, du renforcement musculaire pour les moins aĢ‚gés), quelques-unes des meilleures séances au monde proposées par nos coachs préférés de l’ASC Balan et aucune montée ni descente en courant !…, je participe tout de meĢ‚me au petit format (12km et moins de 500 de D+, il ne faut pas abuser !) des trails de Pérouges et de Douvres aussi parce que c’est pour le sou des écoles … avant celui des Maures (apreĢ€s la redécouverte de muscles sur le trail de Monaco 30 km, 1800 de D+). Comme d’habitude, je n’oublie rien au niveau logistique de ce qui participe au week-end convivial mais la moitié des trucs utiles pour faire le trail… Il faut tout de meĢ‚me souligner que je m’améliore (ou pas!) : Je n’ai pas oublié notre magnifique nouveau maillot de club au trail des Maures contrairement aĢ€ celui de Monaco mais ma montre sur le trail des Maures (Merci aĢ€ Jean-Pierre mon équipementier préféré pour m’avoir preĢ‚té sa montre et l’ancien maillot du club sur le trail de Monaco meĢ‚me si au vu de nos différences de gabarit, je portais un maillot comme ceux portés par les footballeurs des années 90 lorsque les équipementiers allemands ou anglosaxons ne savaient pas que certains sportifs pouvaient eĢ‚tre d’une taille plus petite que le XL)

Comme d’habitude, planifier des sorties entre plus de 50 ans ne se passe jamais comme prévu parce que nous sommes restés jeunes dans nos teĢ‚tes mais le Ā« j’ai bobo laĢ€ Ā» roĢ‚de…

Bref ! PremieĢ€re étape, le trail de Monaco le 8 février, le temps est treĢ€s pluvieux sur le Var mais plus rien une fois le panneau département des Alpes Maritimes franchi (Bienvenue chez les ch’tis aĢ€ l’envers!). AĢ€ Monaco, nous (Jean-Pierre, Didier et moi) voilaĢ€ au départ dans cette ville-état (plus connue comme paradis fiscal par les athleĢ€tes de haut-niveau ou pour son luxe et sa famille royale) sur la route du port (plus connue pour accueillir un grand prix de F1). Des organisateurs et des bénévoles sympas mais assez strictes sur l’équipement obligatoire parce qu’il peut faire froid au Mont Agel qui porte bien son nom… et deux d’entre nous n’ont pas de couverture de survie dans le camelback … le premier (bibi) passe en disant qu’il en a suĢ‚rement une au fond de sac et le second (JP) qui dit toute la vérité et ne passe pas le filtrage ! Il doit retourner aĢ€ la voiture en récupérer une ! Il gagne un bel échauffement gratuit et finalement peut entrer dans le sas de départ quelques dizaines de secondes avant le départ. Nous voilaĢ€ partis pour une balade de la ville en passant par les jardins sur le front de mer, en faisant une incursion dans le fameux aquarium de Monaco (musée océanographique), en traversant la place du chaĢ‚teau princier…et déjaĢ€ beaucoup d’escaliers en montée pour atteindre la sortie de la ville. Nous sommes le plus souvent en mode rando sur ce single ouĢ€ les nombreuses marches alternent avec des bouts de chemins pentus. Les trois compeĢ€res commencent aĢ€ se perdre de vue dans cette montée qui s’annonce longue… effectivement, il va falloir attendre la Turbie, village romain en France et centre d’entraiĢ‚nement de l’AS Monaco pour bénéficier d’un bref répit dans cette montée… Au premier ravitaillement, j’ai déjaĢ€ faim et je mange au moins un morceau de chaque mets proposés puis repart en mode marche le temps de s’en remettre et aussi parce que cela grimpe ! On traverse maintenant le golf de Monaco ouĢ€ quelques joueurs nous encouragent en toute discrétion (l’étiquette golfique!)… Pour ma part, le ravito fait son effet et les jambes sont maintenant là… un passage en montée sur la route ouĢ€ je suis le seul dans mon groupe d’allure aĢ€ courir. Du coup, je double en les encourageant souvent des trentenaires (voire plus jeunes)… AĢ€ l’approche (au moins 3 ou 4 km) du sommet du Mont Agel, on a affaire aĢ€ une alternance de montées et de descentes… Mes plus jeunes camarades de Ā« jeu Ā» me rattrapent et me doublent aĢ€ chaque descente un peu technique et je reviens sur ceux aĢ€ chaque montée… Les jeunes me chambrent un peu aĢ€ chaque montée… Ā«le petit jaune (réf. aĢ€ ma taille, la couleur du maillot et peut eĢ‚tre aĢ€ une boisson locale!) revient encore!Ā» et je ne suis pas en reste Ā«Oh, les jeunes! Ce n’est pas de la rando, vous avez aussi le droit de courir dans les montéesĀ» et aĢ€ chaque portion descendante Ā«Attention monsieur, on passe!Ā». Lors de la dernieĢ€re montée, je leur dis que je prends un peu d’avance avant la grande descente vers Monaco et leur demande de faire attention aĢ€ l’ancien et d’éviter de m’« écraser Ā» s’ils parvenaient aĢ€ me rattraper !…Je passe au sommet du Mont Agel avec une place honorable en sachant que les choses vont se compliquer pour moi dans la descente assez technique au moins dans sa premieĢ€re partie jusqu’aĢ€ Monaco. AĢ€ ce passage, il me semble apercevoir Jean-Pierre sur le vallon opposé (le maillot de Saint-Maxime n’est pas aussi reconnaissable que le notre!) et un peu plus loin, sans ambiguïté, Didier en jaune et violet!

Comme prévu, je descends comme une Ā« mer** Ā» et les jeunes me rattrapent rapidement… en prenant soin de ma personne… l’un d’entre eux reste avec moi un bout de chemin pour discuter (il paraiĢ‚t que je ne suis en reste de ce coĢ‚té-laĢ€!) et nous voilaĢ€ déjaĢ€ de retour aĢ€ la Turbie… ouĢ€ les signaleurs- bénévoles viennent d’eĢ‚tre ravitaillés en burger… Je retiens mon compagnon de course d’en attaquer un (Nous aussi, on a faim!), l’encourage aĢ€ se laĢ‚cher sur les 5 derniers km de descente et lui lance aĢ€ la cantonade de me garder une bieĢ€re aĢ€ l’arrivée avant de le voir s’éloigner rapidement d’autant que je décide de passer en mode marche (j’ai un échauffement sous les pieds et avec l’aĢ‚ge avançant je n’aime plus souffrir!) en me disant que mes deux compeĢ€res, bien meilleurs descendeurs que moi, pourraient me rejoindre pour une arrivée groupée… Un gars pieds nus en sandale (impressionnant compte tenu du terrain) essaye sans réussite de me refaire courir… quelques minutes plus tard, JP me rejoint enfin mais moi je n’ai plus vraiment envie de recourir. Je demande aĢ€ JP de continuer… et je verrai bien lorsque Didier me rattrapera… JP m’attend, insiste et cela me motive pour trottiner… On entre dans Monaco. On descend de multiples marches (Trop ! Il y a en marre des escaliers). JP m’accompagne et reste avec moi jusqu’au bout… ouĢ€ Maya nous encourage sur les derniers meĢ€tres et ouĢ€ une bieĢ€re m’attend aĢ€ l’arrivée ! AĢ€ peine le temps de partager cette boisson salvatrice avec mon compagnon de course que Didier franchit la ligne d’arrivée… quelques échanges en mode tu as mal ouĢ€ ? Ou plutoĢ‚t tu n’as pas mal ouĢ€ ?, quelques photos de nous trois ensemble, un passage au ravito d’apreĢ€s course, installé le long de la fameuse piscine de Monaco et nous repartons avec les premieĢ€res pluies qui arrivent sur la principauté vers le Var ouĢ€ la pluie cesse enfin aĢ€ notre arrivée pour une soirée mémorable entre amis pendant laquelle se décide un nouveau Ā« défi Ā». Ce sera le trail des Maures le 10 mai… Et voilaĢ€ comment trois mois plus tard, on se retrouve treĢ€s toĢ‚t dans la voiture pour aller aĢ€ CollobrieĢ€res dans le magnifique massif des Maures pour le départ d’un trail de 32 km, 1800 de D+ sous le soleil de début mai. Oui mais mes deux autres compagnons ont aggravé leurs blessures au trail de Monaco et sont malheureusement forfait… La saveur et l’envie sont toutefois laĢ€ car ils sont laĢ€ avec mon amie Maya et mon Isa pour me soutenir et m’encourager. Comme d’habitude, j’ai fait du sport pour me préparer mais pas véritablement celui du jour au-delaĢ€ des formats courts de Pérouges et de Douvres. Comme d’habitude, je n’ai pas vraiment pensé au parcours avant la veille de la course… Résultat, je suis dans le sas du départ et constate que les autres traileurs du jour portent souvent des mitaines qui ressemblent aĢ€ des dragonnes pour des baĢ‚tons (pourtant interdits sur cette épreuve). Renseignements pris, c’est bien des gants que les habitués utilisent pour pouvoir poser les mains sur les roches, les arbres… dans les montées et descentes raides ! J’échange quelques mots avec mes voisins, voisines du moment … seuls les Ā« touristes Ā», une nordiste et ma pomme sommes mains nues… Et c’est parti… un tour rapide et court du village et déjaĢ€ la premieĢ€re montée seĢ€che… Je comprends qu’il va falloir gérer et ne pas se griller d’entrée… je marche puis retrouve déjaĢ€ mon fan club qui aurait aimé me voir courir dans cette difficulté… je le fais un peu aĢ€ leur hauteur avant de reprendre rapidement mon mode rando… d’autant que je n’ai pas vraiment les jambes sur ces premiers kilomeĢ€tres… Sur la premieĢ€re dizaine de kilomeĢ€tres, le profil est vraiment montant et les pauses sont courtes… mes jambes commencent aĢ€ renoncer aĢ€ s’opposer aĢ€ ma teĢ‚te et se mettent en phase… le plaisir est maintenant laĢ€ et mon rendement bien meilleur… Je me mets aĢ€ courir non stop ou presque… je fais quelques arreĢ‚ts photos, profite des ravitaillements… et m’émerveille devant la beauté des paysages traversés… foreĢ‚t de chaĢ‚taigniers, de cheĢ‚nes verts avec au fond la méditerranée… J’essaye de tenir au courant mon fan club de mon avancée et oublie une fois sur deux d’envoyer les photos prises pour cela… Au 15ieĢ€me km, j’ai encore du mal aĢ€ comprendre l’utilité des gants… il y a eu quelques passages un peu raides mais bon… De retour vers le village de départ pour terminer la premieĢ€re boucle du 8, il commence aĢ€ faire plus chaud meĢ‚me si le rayonnement direct est limité par une couche fine mais salvatrice d’altocumulus… C’est surtout les descentes qui deviennent plus techniques et l’utilisation des mains qui commencent aĢ€ devenir essentielles. Au 22ieĢ€me km dans CollobrieĢ€res, Isabelle m’attend devant le ravito ce qui me contente immédiatement! Au ravito, une bénévole essaye de mieux voir mon maillot en soulevant mon camelback tout en posant ses mains sur ma poitrine persuadée de découvrir la dernieĢ€re collection du maillot de l’Ardéchoise… je lui fais remarquer que cela ne me dérange pas vraiment mais que l’inverse ne serait pas acceptable !… et en meĢ‚me temps l’informe qu’il y aura le 21 septembre aĢ€ Balan lors de notre course Ā« le Sentier des LoĢ‚nes Ā» beaucoup d’autres maillots similaires et mieux portés… Quelques bisous aĢ€ Isabelle aĢ€ la sortie du ravito et me voilaĢ€ reparti et revigoré pour la seconde boucle… AĢ€ la sortie du village au pied d’une montée seĢ€che, le fan club balanais est laĢ€, m’encourage longuement et bruyamment (heureusement, la gendarmerie locale était mobilisée sur la course et n’était pas disponible pour prendre des plaintes du tapage diurne)… me voilaĢ€ sacrément reboosté ! Au 26ieĢ€me km, je commence aĢ€ sentir le manque d’entraiĢ‚nement et surtout mon aversion pour la chaleur… Midi approche et la fine couche de nuages se fragmente puis disparaiĢ‚t assez rapidement (j’espérais le maintien de cette couche une heure supplémentaire mais malheureusement le modeĢ€le météo numérique français AROME avait raison…). Les descentes et les montées sont plus techniques et parfois meĢ‚me treĢ€s raides aĢ€ tel point que prendre les gants d’un autre traileur me traverse un instant l’esprit d’autant que la sueur réduit nettement l’efficacité de l’utilisation des mains nues… plusieurs traileurs et traileuses me dépassent apreĢ€s de courts échanges toujours treĢ€s cordiaux… une jeune femme me double avant de s’arreĢ‚ter nette puis en alternant son regard entre moi et la montagne devant elle… le temps de la rejoindre et je comprends la situation et son Ā« dépit »… une montée raide directe dans le pentu, sans fin visible, en plein soleil. Je rejoins immédiatement son point de vue en essayant de rester positif (pas facile car aĢ€ l’intérieur, cela raĢ‚le…). On s’entraide la premieĢ€re partie de la montée puis mon nez me laĢ‚che et se met aĢ€ saigner (c’est assez régulier!) … Je sais que c’est probablement la dernieĢ€re grosse montée (meĢ‚me si j’ai une vue treĢ€s parcellaire du parcours)… Je préfeĢ€re m’arreĢ‚ter pour stopper ce saignement et me nettoyer un brin d’autant que je risque de tomber bientoĢ‚t sur Isabelle venue aĢ€ ma rencontre… apreĢ€s deux, trois minutes, je repars et termine cette Ā« p***** Ā» de montée avec un petit groupe de Ā« tous cuit »… Isabelle est déjaĢ€ laĢ€ et cela fait un bien fou… j’essaye de faire un peu preĢ€s bonne figure (aĢ€ priori, je n’ai pas été treĢ€s convaincant…). Un pick up rempli de bouteille d’eau est un peu plus loin pour nous. Le bénévole est aĢ€ fond mais la demande est trop forte On se sert directement dans le coffre du véhicule. ApreĢ€s une mini douche aĢ€ la cristaline et une nette diminution de ma température corporelle, je repars derrieĢ€re Isabelle qui imprime un rythme trop élevé dans un premier temps… le profil est maintenant largement descendant… Les jambes reviennent et la présence d’Isabelle me remotive… je suis un peu preĢ€s capable de la suivre… et voilaĢ€ Didier, comme second soutien. On échange comme deux pipelettes (les meĢ€tres défilent plus vite) tout en continuant aĢ€ progresser dans la descente avec Isabelle, concentrée qui fait toujours la trace devant… Il reste quelques centaines de meĢ€tres et un concurrent un peu plus vieux que moi (pratiqué un peu avant dans la course et peu convivial) nous dépasse… je suis un peu piqué au vif (on peut eĢ‚tre treĢ€s beĢ‚te avec la fatigue) et décide d’essayer de ne pas finir derrieĢ€re… il a déjaĢ€ pris une cinquantaine de meĢ€tres d’avance… mais je donne ce qu’il me reste et reviens d’abord progressivement puis treĢ€s rapidement sur lui une fois le sprint final lancé pour finir une ou deux secondes devant. AĢ€ l’arrivée, Maya et JP sont toujours laĢ€ pour m’accueillir et me féliciter. Je suis content d’en avoir terminé car meĢ‚me si j’ai pris beaucoup de plaisir sur une large partie centrale du parcours, j’ai souffert au début et surtout sur les sept, huit derniers kilomeĢ€tres de part mon manque de préparation, de la technicité du sentier et surtout de la chaleur… ApreĢ€s quelques tranches de pasteĢ€ques partagées avec mon indéfectible fan club (il faut leur demander ma place et mon chrono -la montre aĢ€ JP sait !- si cela vous intéresse car moi je ne sais pas bien…Merci aĢ€ eux pour tout), une douche aĢ€ l’eau froide (jet d’arrosage), un food truck aĢ€ l’ombre, nous quittons le massif des Maures pour d’autres aventures aĢ€ Do You Do You St Tropez…et bientoĢ‚t j’espeĢ€re ensemble avec mes copains aĢ€ nouveaux sur pied sur d’autres sorties.

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